La renaissance de l’abbaye de Fontenay

 

CÔTE-D’OR

fontenay au-coeur-d-un-chef-d-oeuvre-cistercienSous le soleil ou dans la brume, au printemps ou en hiver, que l’abbaye de Fontenay est belle !

Frédéric Sartiaux, dans ce magnifique ouvrage, a su jouer avec les lumières pour restituer et sublimer le génie cistercien. Et son texte, simple et puissamment évocateur, à l’instar des moines qui ont édifié ces bâtiments admirables, plonge le lecteur dans ce bain spirituel voulu par Bernard de Clairvaux.

Car Fontenay est la seconde fille de Clairvaux. Elle célébrera ses 900 ans en 2019, puisqu’elle fut fondée à peine quatre ans après la fondation de son abbaye-mère. On dit que Bernard de Clairvaux, lui-même, a « suivi avec grande attention de chantier de construction ».

L’architecture de l’ordre cistercien ne doit rien au hasard. Tout est réfléchi, tout élément et plan signifient. L’abbatiale est à l’image de ce que Bernard dit lui-même de Dieu : « Il est longueur, largeur, hauteur et profondeur ».

Abbaye de Fontenay (c) Frédéric Sartiaux

Abbaye de Fontenay (c) Frédéric Sartiaux

La réforme monastique, que revendiquent les moines de l’ordre, est iconoclaste et montre un chemin qui prend le contre-pied de celui de Cluny qui déploie en images et abondance décorative « l’absolue grandeur de Dieu ». Ici, les murs et les vitraux sont dépouillés de toute ornementation, mais, par un savant jeu de lumières, ils conduisent le regard vers un endroit déterminé : le chœur, lieu de prière et de célébration du saint sacrifice. Une beauté simple, efficace, toute contemplative, comme le donne à voir la photo de couverture de l’ouvrage.

Dans ses autres bâtiments et dans ses aménagements, Fontenay révèle combien les moines cisterciens étaient aussi de savants irrigateurs, d’habiles forgerons et des cultivateurs innovant… Mais dans ce vallon paisible et humide de la Bourgogne, son histoire n’en fut pas moins mouvementée.

Extrait

« Parce qu’elle a su s’offrir un destin autre après la tourmente révolutionnaire, l’abbaye de Fontenay est parvenue jusqu’à nous et n’a pas subi le sort réservé à d’autres lieux patrimoniaux…

Phare de la Chrétienté médiévale, dans le sud de la Bourgogne, Cluny devait quasi intégralement finir en une vulgaire carrière de pierre à ciel ouvert. En échappant à cet abandon, à cette oisiveté tant décriée par saint Bernard, Fontenay a trouvé son salut.

Devenue bien nationale à la suite de la suppression des ordres religieux par la Constituante, l’abbaye est vendue en avril 1791…  (…) Fabriquant de papier, (Claude Hugot) va trouver dans les eaux abondantes et limpides de Fontenay les conditions idéales de son activité… (En octobre 1906) Edouard Aynard, riche banquier lyonnais et collectionneur d’art éclairé, achète l’ensemble des bâtiments monastiques.

Après le démantèlement de l’usine, cet homme cultivé engage une restauration ambitieuse, avec pour objectif de rendre à Fontenay sa configuration des origines… »

C’est grâce à Edouard Aynard et à ses héritiers jusqu’à aujourd’hui, à leurs efforts et déterminations constants qu’il est possible à nouveau de lire l’histoire et la spiritualité cistercienne à Fontenay.  Merci également à Frédéric Sartiaux de rendre cette visite possible, agréable et instructive, depuis son fauteuil. J’avais visité les lieux il y a près de quinze ans, les revoir ainsi m’a enchanté, au sens propre du terme…

Benoit de Sagazan

  • Fontenay au cœur d’un chef-d’oeuvre cistercien, textes et photos de Frédéric Sartiaux, Editions Dominique Guéniot, 142 p. 29 €
  • Abbaye de Fontenay : www.abbayedefontenay.com

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